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Dix ans d’un parti pris assumé

La Petite Lunette Rouge est née en 2016 de la rencontre entre une designer et un créateur, Alison Hemmes et Hilarhi Arcade, qui ont très tôt fait de la discrétion une signature : chaque modèle porte l’anagramme d’un artiste, d’un architecte ou d’un inventeur — Presley, Jobs, Le Corbusier, Edison — plutôt que le nom de ses auteurs.

Le point de départ tient en un objet : le clip solaire des années 1980, déconstruit puis réinventé. De cette relecture naissent les deux marqueurs de la marque, le double pont resserré et le trait rouge posé sur la barre supérieure — rouge à l’origine, aujourd’hui décliné en plusieurs teintes. Fabriquée à Oyonnax, dans l’Ain, l’un des berceaux de la lunetterie française, LPLR a choisi l’exclusivité plutôt que le volume, en s’appuyant sur une poignée d’adresses sélectionnées. « On crée comme si on avait deux ans d’avance », résume l’un de ses cofondateurs — une ligne qui aura tenu dix ans.

NET SEYAR : l’anniversaire fait monture

Pour ses dix ans, LPLR pousse sa logique d’anagramme jusqu’au bout. NET SEYAR est le miroir exact de « ten years » : le nom de l’édition anniversaire est lui-même un jeu de lettres, fidèle à la grammaire de la maison.

La solaire adopte un cerclage rond et le pont rouge signature, autour duquel huit teintes Pantone se déploient en éventail sur le contour métal. Un verre bleu tourbillon et une spirale qui se prolonge du verre jusqu’au métal créent un effet cinétique, hommage assumé à l’Optical Art. Le résultat est une pièce d’anniversaire, éditée en série limitée, pensée comme un manifeste plus que comme un modèle de collection courante.

Le savoir-faire : la couleur posée à la main

C’est sur la couleur que se concentre le tour de main. Chez les artisans oyonnaxiens de la marque, les huit teintes sont appliquées une à une, à la main, à la seringue. Le métal est brossé brut avant un bain d’or, et le dessous de charnière coloré à la main dans le rouge Pantone maison. Un niveau de finition qui explique le choix de la série limitée, et qui ancre le modèle dans la tradition d’une fabrication française de précision.

Une charnière repensée

L’anniversaire est aussi l’occasion d’une évolution technique. La double charnière, autre signature LPLR, intègre cette année une mécanique Flex miniaturisée : une fine lamelle inox apporte un effet ressort sur les deux axes de rotation, pour une fermeture douce et indexée. Le confort de port et la robustesse de la monture s’en trouvent renforcés — dans la continuité des solutions que la maison développe au fil de ses collections, de la marqueterie d’acétate aux plaquettes usinées.

CONCLUSION

Dix ans après ses premières montures, LPLR accompagne son anniversaire d’un programme de collections qui prolonge la même intention : faire de la lunette un objet qui raconte quelque chose. NET SEYAR en est la démonstration — un clin d’œil à ses propres codes, et un regard tourné vers la décennie suivante.