Cutler and Gross x Debbie Harry : Une icône de la new wave signe ses lunettes
Difficile de trouver figure plus emblématique que Debbie Harry pour incarner une collection de solaires. Chanteuse de Blondie, icône de la scène new wave new-yorkaise depuis la fin des années 1970, elle a toujours associé son image à un style affirmé, à la fois rock et glamour. C’est ce mélange que Cutler and Gross, maison londonienne fondée en 1969 et réputée pour ses montures haut de gamme, a choisi de traduire en lunettes.
Baptisée « Shades of Difference », la collection capsule ne court pas après l’effet de mode passager. Elle puise dans l’univers personnel de l’artiste pour proposer une lecture du cat-eye — cette forme de monture dont les angles remontent vers les tempes — plus douce et plus singulière qu’à l’accoutumée.
Trois modèles, trois caractères
La collection « Shades of Difference » réunit trois solaires, toutes façonnées à la main en Italie dans un acétate épais — cette matière dérivée de fibres naturelles dont sont faites la plupart des montures haut de gamme. Chacune se décline en noir profond ou en écaille havane et porte un logo doré « DH » en relief.
Détail qui ajoute à leur caractère : Debbie Harry a personnellement nommé les trois modèles, en puisant dans son histoire intime. Toutes partagent la silhouette cat-eye — cette forme dont les angles remontent vers les tempes — mais chacune affirme un tempérament distinct, dans un registre plus romantique que clinquant.
Akira 001
C’est le modèle le plus audacieux. L’Akira 001 adopte une forme papillon surdimensionnée, sculptée par un travail de fraisage et de biseautage : l’acétate est creusé et taillé pour créer du relief et un effet tridimensionnel. Une monture sans complexe, qui évoque le glamour et l’énergie du New York des années 1980. Les branches, dessinées spécialement pour la collection, et l’âme métallique qui structure la face en font une pièce pensée pour celles qui veulent être vues. Son nom est un clin d’œil personnel : c’est celui d’une des filleules de la chanteuse.
Valentina 002
Plus tranchante, la Valentina 002 mise sur un profil cat-eye rectangulaire aux « ailes » nettement dessinées, qui contrastent avec la douceur de ses verres dégradés. C’est le modèle que porte Debbie Harry dans la campagne. Elle incarne le mieux la tension chère à la collection, entre rigueur et élégance : beaucoup d’attitude, mais une vraie finesse de finition — montage soigné, charnières robustes, signature dorée à l’intérieur de la branche. Comme l’Akira, son prénom rend hommage à une filleule de l’artiste.
Maria 003
La plus romantique des trois. À rebours des deux autres, la Maria 003 revient à un cat-eye d’inspiration rétro, adouci par des verres galbés — une silhouette intemporelle, presque sage, que la campagne décline dans un coloris ivoire sur mesure. Son nom n’est pas anodin : il renvoie à « Maria », le single qui signa le retour de Blondie en tête des classements en 1999. La preuve qu’une monture peut aussi porter une histoire.
Un savoir-faire façonné en Italie
Comme l’ensemble de sa production, Cutler and Gross fabrique cette collection à la main, dans ses ateliers italiens. Le détail compte : il garantit un niveau de finition et un confort que la production de masse ne permet pas, et justifie le positionnement premium de la maison.
Cette collaboration illustre une tendance de fond dans la lunetterie indépendante : miser sur la rareté et le récit plutôt que sur le volume. Une collection capsule à forte charge culturelle crée du désir, attire une clientèle en quête de pièces que l’on ne trouve pas partout, et permet de défendre une valeur sans entrer dans la guerre des prix.
Une signature plus qu’une collaboration
« Shades of Difference » dépasse le simple exercice de l’égérie. En confiant à Debbie Harry l’expression d’un style, Cutler and Gross signe une collection qui raconte quelque chose — une attitude, une époque, une certaine idée de l’élégance. C’est ce qui fait la force d’une collaboration réussie : non pas le nom apposé sur le produit, mais la cohérence entre l’univers de l’artiste et l’objet fini.



